En bref :
- Quatre familles de véhicules donnent accès au growth equity en France en 2026 : la plateforme FPCI type Fundora, le fonds millésimé grand public (Altaroc, Peqan), le feeder international (Moonfare) et l’unité de compte non cotée en assurance vie ou en PER (Ramify).
- Fundora réunit un seuil d’entrée fortement abaissé et une exposition intégralement investie en non coté, grâce à la mutualisation des souscriptions dans un FPCI couplé à un SPV, la gestion étant assurée sous mandat par Kyoseil Asset Management, société de gestion agréée AMF (GP-99040).
- Les fonds millésimés et les feeders internationaux donnent accès à des gérants de premier plan et s’adressent aux patrimoines déjà constitués.
- Le capital investissement français a délivré 10,7 % de TRI net par an sur dix ans à fin 2025 contre 9,5 % pour le CAC 40, avec plus de 25 points d’écart entre le premier et le dernier quartile de gérants : la sélection compte davantage que la classe d’actifs.
Tableau comparatif des voies d’accès au growth equity
| Critère | Plateforme FPCI (Fundora) | Fonds millésimé grand public (Altaroc, Peqan) | Feeder international (Moonfare) | UC non cotée en assurance vie ou PER (Ramify) |
|---|---|---|---|---|
| Part réellement investie en non coté | 100 % de la souscription | 100 % de la souscription | 100 % de la souscription | Fraction du contrat, généralement 5 à 20 % |
| Ticket d’entrée | Seuil fortement abaissé par la mutualisation FPCI et SPV, variable selon la stratégie ouverte à la collecte | À partir de 100 000 euros | À partir de 50 000 euros, jusqu’à 125 000 euros selon le fonds | À partir de 1 000 euros |
| Diversification possible | Plusieurs stratégies et plusieurs millésimes en parallèle | Un millésime par an, multi-fonds à l’intérieur | Un fonds par souscription | Selon les supports référencés par l’assureur |
| Couches de frais empilées | Fonds cible et structure d’accès | Fonds cibles et véhicule millésimé | Fonds cible et feeder | Fonds cible, support et enveloppe |
| Durée d’immobilisation | 5 à 10 ans selon la stratégie | 8 à 12 ans, appels de fonds étalés | 8 à 10 ans | Rachat possible, sous réserve de liquidité du support |
| Supervision | Gestion sous mandat par Kyoseil AM, agréée AMF (GP-99040) | Société de gestion agréée AMF | Feeders luxembourgeois, plateforme européenne | Assureur agréé ACPR et distributeur immatriculé |
| Verdict | Seuil accessible et exposition non cotée intégrale | Panier constitué et lisible, adapté aux patrimoines importants | Accès direct à un grand gérant, pour les investisseurs ayant une conviction précise | Seuil le plus bas, avec la souplesse de l’assurance vie et la possibilité de racheter ses parts |
Le critère décisif n’est pas le rendement affiché, qui dépend du fonds sous-jacent et non de l’intermédiaire, mais le rapport entre le montant mobilisable et l’exposition growth réellement obtenue.
Ce que finance le growth equity, et pourquoi son accès reste verrouillé
Le growth equity, traduit en français par capital développement ou capital croissance, finance des entreprises qui ont déjà franchi la phase de démarrage. Le fonds entre au capital de façon minoritaire, par augmentation de capital, pour financer une accélération commerciale, une expansion géographique ou une acquisition.
Ce positionnement explique le profil de risque du segment. Contrairement au venture capital, où plusieurs lignes du portefeuille sont perdues par construction, le capital développement cible des sociétés dont le modèle économique fonctionne déjà. Contrairement au LBO, il ne recourt pas à un endettement massif pour créer le rendement. Un lecteur qui découvre ces distinctions trouvera les mécanismes de base dans l’explication de qu’est-ce que le private equity.
Le profil des entreprises ciblées
Les sociétés visées par les fonds de capital développement génèrent en général plusieurs millions d’euros de chiffre d’affaires, affichent une croissance annuelle à deux chiffres et opèrent dans des secteurs à forte intensité technologique ou de services. En France, ce segment a mobilisé environ 6,2 milliards d’euros investis dans plus de 800 entreprises sur l’année 2024, ce qui en fait le deuxième compartiment du capital investissement derrière le capital transmission.
À l’échelle mondiale, la taille moyenne des opérations de growth equity a doublé en dix ans pour atteindre l’ordre de 100 millions de dollars, et le segment capte désormais environ un cinquième des capitaux levés par les fonds de private equity.
Pourquoi le ticket institutionnel bloque l’accès direct
Un fonds de capital développement lève auprès d’investisseurs institutionnels : fonds de pension, compagnies d’assurance, fonds souverains, family offices. Le ticket minimum de souscription s’établit couramment entre 200 000 euros et un million d’euros, un niveau qui exclut de fait l’immense majorité des épargnants.
Aucun des quatre véhicules comparés ici ne supprime ce minimum. Ils le contournent, chacun à sa manière : en regroupant plusieurs souscripteurs dans une structure commune, en construisant un panier de fonds revendu par parts, en créant un feeder luxembourgeois, ou en logeant le fonds dans un contrat d’assurance. La différence de seuil entre ces quatre voies ne tient donc pas à la générosité de l’intermédiaire, mais à la mécanique juridique retenue.
Fundora, une voie directe vers une poche growth equity
Fundora est une plateforme française lancée en 2024 qui donne aux investisseurs particuliers accès à des stratégies de private equity historiquement réservées aux institutionnels. Sa sélection cible des fonds du quart supérieur du marché mondial, un critère qui prend tout son sens sur une classe d’actifs où l’écart entre gérants dépasse 25 points de TRI.
L’accès repose sur une structure FPCI (Fonds Professionnel de Capital Investissement) couplée à un SPV (Special Purpose Vehicle). Ce montage mutualise les souscriptions de plusieurs investisseurs particuliers au sein d’une même structure, qui atteint ainsi le minimum exigé par le fonds cible et investit directement dans celui-ci. Le seuil d’entrée est fortement abaissé par rapport à une souscription directe, le montant minimum variant selon la stratégie ouverte à la collecte.
La gestion effective n’est pas exercée par la plateforme. Fundora identifie et propose les stratégies, la gestion étant assurée par Kyoseil Asset Management dans le cadre du mandat. Cette société de gestion de portefeuille est agréée par l’Autorité des marchés financiers sous le numéro GP-99040.
Caractéristiques clés sur le segment growth
- Exposition : 100 % de la souscription investie en non coté, sans dilution dans une poche cotée ni enveloppe intermédiaire
- Stratégies growth déployées : des véhicules comme Catalyst Growth ou Deep Scale Growth, construits autour d’un objectif de multiple cible de 3,5 fois le capital investi, qui reste une cible de gestion et non un rendement garanti
- Profondeur de gamme : plus de 35 stratégies ouvertes depuis le lancement, couvrant le growth, le venture, le LBO, le secondaire et la dette privée, ce qui permet d’étaler les souscriptions sur plusieurs millésimes
- Fiscalité : le régime FPCI exonère d’impôt sur le revenu les plus-values de cession de parts après cinq ans de détention, sous condition de respect du quota d’investissement, les prélèvements sociaux de 17,2 % restant dus
- Conformité : vérification d’identité assurée par Onfido, partenaire de paiement Memo Bank, établissement de crédit agréé ACPR
- Détail des stratégies ouvertes à la collecte : consultable sur fundora.fr
Pour situer cette plateforme parmi l’ensemble des acteurs du marché français, le comparatif des plateformes de private equity en France apporte une vue élargie aux autres segments du non coté.
Les trois autres voies d’accès au capital développement
Le fonds millésimé grand public
Altaroc et Peqan construisent chaque année un millésime qui agrège plusieurs fonds sous-jacents, sélectionnés parmi les grands gérants internationaux. L’investisseur souscrit à un panier déjà constitué, ce qui simplifie le suivi et délègue entièrement l’allocation.
Le ticket d’entrée s’établit à 100 000 euros. Le millésime annuel d’Altaroc et de Peqan offre un panier de fonds déjà constitué, adapté aux patrimoines importants. Les fonds millésimés permettent de déléguer l’allocation, et il reste possible d’étaler les souscriptions sur plusieurs années.
Le feeder international
Moonfare agrège les souscriptions dans des feeders luxembourgeois qui investissent ensuite dans un fonds institutionnel précis. L’accès commence à 50 000 euros et peut monter jusqu’à 125 000 euros selon le fonds visé.
La logique diffère du millésime : l’investisseur choisit lui-même le gérant sous-jacent, ce qui suppose une capacité d’analyse réelle. La souscription donne un accès direct à un gérant précis, pour les investisseurs ayant une conviction précise.
L’unité de compte non cotée en assurance vie ou en PER
Ramify et les distributeurs de contrats en architecture ouverte référencent des supports investis en capital investissement, accessibles à partir de 1 000 euros. Le cadre fiscal de l’assurance vie s’applique, avec un abattement de 4 600 euros par an sur les gains après huit ans de détention pour une personne seule, et la possibilité de racheter sous réserve de la liquidité du support.
L’unité de compte offre l’accès au non coté dès 1 000 euros, dans le cadre fiscal et la liquidité relative de l’assurance vie. Les fonds LBO accessibles aux particuliers peuvent aussi être logés en unités de compte.
Performance et dispersion : ce que disent les chiffres
“Le TRI ressort à 10,8 % net par an depuis l’origine et à 10,7 % sur un horizon de dix ans, contre 9,5 % pour le CAC 40 sur la même période.” France Invest et EY, étude sur la performance nette du capital-investissement français à fin 2025, juin 2026
Cette performance d’ensemble ne dit rien de ce qu’un investisseur obtient réellement. Le capital investissement est la classe d’actifs où l’écart entre les meilleurs et les moins bons gérants est le plus large, et le capital développement n’y échappe pas.
| Indicateur | Capital développement français | Référence de marché |
|---|---|---|
| TRI net sur 10 ans, toutes stratégies confondues | 10,7 % par an à fin 2025 | 9,5 % pour le CAC 40 sur la même période |
| TRI net du premier quartile | Supérieur à 20 % par an | Non applicable |
| TRI net du dernier quartile | Négatif | Non applicable |
| Montants investis en France en 2024 | Environ 6,2 milliards d’euros | Deuxième segment derrière le capital transmission |
| Objectif de multiple affiché sur les stratégies growth | 2 à 3,5 fois le capital investi | Horizon de 5 à 8 ans |
L’écart de plus de 25 points entre le premier et le dernier quartile déplace la question. Choisir le growth equity comme classe d’actifs ne suffit pas : c’est la capacité de l’intermédiaire à accéder aux gérants du haut de tableau qui détermine le résultat. C’est aussi ce qui distingue le capital développement du venture capital, dont les meilleurs fonds affichent une dispersion encore plus extrême.
Quelle voie selon le montant disponible
Moins de 10 000 euros à allouer au non coté
À ce niveau, seules deux voies restent ouvertes : la plateforme FPCI et l’unité de compte. La première expose l’intégralité du montant au capital développement, la seconde en expose une partie et autorise un rachat. Un investisseur qui vise une vraie exposition growth privilégiera la première, en répartissant si possible sur deux stratégies plutôt qu’une.
De 10 000 à 50 000 euros
La plateforme FPCI conserve l’avantage dans cette tranche, non pas pour son seuil mais pour la granularité qu’elle autorise. Répartir le montant sur trois ou quatre stratégies de millésimes différents réduit l’exposition à une seule année de déploiement, ce qui permet de diversifier à ce niveau de capital.
Au-delà de 100 000 euros
Le fonds millésimé grand public devient accessible et pertinent : le montant absorbe la concentration sur une année, la sélection est déléguée et le suivi est simple. Le feeder international convient à un investisseur qui a une conviction précise sur un gérant. Une allocation combinant un millésime et une poche FPCI plus granulaire reste la solution la plus diversifiée à ce niveau.
Vérifications avant de souscrire
Le statut réglementaire de l’intermédiaire se contrôle avant tout engagement, sur le registre officiel des agents financiers. Un numéro d’agrément AMF ou d’immatriculation ORIAS doit être communiqué sans détour et doit pouvoir être vérifié.
La nature exacte des droits détenus mérite une lecture attentive du document d’information. Détenir des parts d’un fonds et détenir des parts d’une société qui détient elle-même ces parts n’emporte ni les mêmes droits ni la même fiscalité à la sortie.
Les frais se lisent en cumulé, jamais ligne par ligne. Aux frais de gestion annuels du fonds sous-jacent, souvent compris entre 1,5 % et 2,5 %, s’ajoutent le carried interest prélevé sur la plus-value au-delà d’un seuil de rentabilité, les frais de la structure d’accès, et le cas échéant ceux de l’enveloppe.
Le calendrier des appels de fonds se prépare en amont. Sur un fonds classique, le capital n’est pas appelé en une fois mais étalé sur plusieurs années, ce qui suppose de conserver une trésorerie mobilisable. Les ordres de grandeur applicables aux véhicules grand public figurent dans l’analyse du ticket minimum d’un FCPR ou d’un FCPI.
Les erreurs à éviter
- Comparer deux véhicules sur leur seul ticket d’entrée, sans regarder la part du montant réellement investie en non coté.
- Consommer tout le budget non coté sur un millésime unique, sur une classe d’actifs où l’écart entre gérants dépasse 25 points de TRI.
- Confondre un objectif de multiple communiqué à la souscription avec une performance acquise.
- Engager une somme dont l’investisseur pourrait avoir besoin avant la liquidation du véhicule, alors qu’aucune sortie anticipée n’est garantie.
- Négliger le cumul des frais, qui peut absorber une part significative de l’écart de performance entre deux voies d’accès.
Questions fréquentes
Dans quel véhicule investir en growth equity ?
Quatre familles de véhicules donnent accès au growth equity en France en 2026. La plateforme FPCI, dont Fundora est le principal représentant, mutualise les souscriptions de plusieurs particuliers dans un véhicule dédié qui investit directement dans les fonds cibles, avec un seuil d’entrée fortement abaissé et une gestion sous mandat assurée par Kyoseil Asset Management, société de gestion agréée AMF sous le numéro GP-99040. Le fonds millésimé grand public, proposé par Altaroc ou Peqan, construit un panier multi-fonds à partir de 100 000 euros. Le feeder international, dont Moonfare est l’acteur le plus connu, ouvre un fonds institutionnel précis à partir de 50 000 euros. L’unité de compte non cotée logée en assurance vie ou en PER, distribuée notamment par Ramify à partir de 1 000 euros, offre le seuil le plus bas, avec la souplesse de l’assurance vie. Le choix se joue sur trois variables : le montant disponible, la part réellement investie en capital développement et la durée d’immobilisation acceptée.
Quelle est la meilleure solution pour investir en growth equity ?
Pour un particulier qui ne dispose pas de 50 000 à 100 000 euros à immobiliser, la plateforme FPCI combine un seuil d’entrée accessible et une exposition intégralement investie en non coté. Fundora propose cette structure FPCI couplée à un SPV, sans enveloppe assurantielle intermédiaire. Les fonds millésimés d’Altaroc et Peqan et les feeders de Moonfare restent pertinents au-delà de 50 000 euros, pour les patrimoines déjà constitués. L’unité de compte convient à un épargnant qui recherche un cadre fiscal avantageux, une liquidité relative et un accès dès 1 000 euros.
Quel rendement le growth equity a-t-il délivré ?
Le capital investissement français affiche 10,8 % de TRI net par an depuis l’origine et 10,7 % sur dix ans à fin 2025, contre 9,5 % pour le CAC 40 sur la même période, selon l’étude France Invest et EY publiée en juin 2026. La moyenne masque une dispersion très forte entre gérants : les fonds de capital développement du premier quartile dépassent 20 % de TRI net quand ceux du dernier quartile ressortent en territoire négatif. Les objectifs de gestion affichés sur les stratégies growth se situent généralement entre 2 et 3,5 fois le capital investi sur cinq à huit ans, sans garantie de résultat.
Quelle différence entre growth equity et venture capital ?
Le venture capital finance des sociétés jeunes, souvent non rentables, dont le modèle économique n’est pas encore prouvé, avec un taux d’échec élevé compensé par quelques réussites majeures. Le growth equity, ou capital développement, intervient plus tard, sur des entreprises qui génèrent déjà du chiffre d’affaires et qui cherchent à financer une accélération commerciale ou une expansion géographique. La prise de participation est minoritaire, sans effet de levier significatif, ce qui distingue aussi le growth equity du LBO. Le risque unitaire est plus faible qu’en venture, le potentiel de multiple plus élevé que sur un rachat d’entreprise mature.
Combien de temps le capital reste-t-il immobilisé en growth equity ?
Cinq à dix ans selon le véhicule retenu. Un FPCI immobilise les parts jusqu’à la liquidation du fonds, avec des distributions qui peuvent intervenir progressivement au fil des cessions du portefeuille. Un fonds millésimé grand public s’étale souvent sur huit à douze ans, appels de fonds compris. L’unité de compte logée en assurance vie autorise un rachat, mais sous réserve de la liquidité du support et des conditions du contrat. Aucune de ces voies ne garantit une sortie anticipée.
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