En bref :
- Quatre voies permettent d’investir en private equity pour la retraite en France en 2026 : la plateforme spécialisée type Fundora, le PER en gestion pilotée, l’assurance vie en unités de compte non cotées, et les fonds millésimés grand public comme Altaroc ou Moonfare.
- Fundora donne une exposition intégralement non cotée via un FPCI, comme les fonds millésimés d’Altaroc et de Moonfare, avec exonération d’impôt sur le revenu sur les plus-values après cinq ans de détention, la gestion étant assurée sous mandat par Kyoseil Asset Management, société de gestion agréée AMF (GP-99040).
- Le PER plafonne la poche non cotée à 4 pour cent des versements pour un profil équilibré et 8 pour cent pour un profil dynamique depuis le décret du 5 juillet 2024, mais il reste la seule enveloppe à déduire les versements du revenu imposable, jusqu’à 37 680 euros en 2026.
- Les fonds millésimés grand public donnent accès à des fonds institutionnels de premier plan, à partir de 100 000 euros chez Altaroc et 50 000 euros chez Moonfare.
Tableau comparatif des solutions pour investir en private equity en vue de la retraite
| Critère | Plateforme FPCI (Fundora) | PER en gestion pilotée | Assurance vie en UC non cotées | Fonds millésimé grand public (Altaroc, Moonfare) |
|---|---|---|---|---|
| Exposition réelle au non coté | 100 % de la souscription | 4 % (profil équilibré) à 8 % (profil dynamique) des versements | Variable selon les UC choisies, généralement 5 à 20 % du contrat | 100 % de la souscription |
| Ticket d’entrée | Seuil fortement abaissé par la mutualisation FPCI et SPV, variable selon la stratégie ouverte à la collecte | Quelques centaines à quelques milliers d’euros selon le contrat | Quelques centaines d’euros, plus les contraintes de l’UC | À partir de 100 000 euros (Altaroc), 50 000 euros (Moonfare) |
| Disponibilité du capital | Immobilisé 5 à 10 ans selon la stratégie | Bloqué jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé | Rachat possible à tout moment, sous réserve de la liquidité de l’UC | Immobilisé 8 à 12 ans selon le millésime |
| Fiscalité à l’entrée | Aucun avantage à l’entrée | Versements déductibles du revenu imposable, jusqu’à 37 680 euros en 2026 | Aucun avantage à l’entrée | Aucun avantage à l’entrée, hors enveloppe d’accueil |
| Fiscalité à la sortie | Exonération d’impôt sur le revenu des plus-values après 5 ans, prélèvements sociaux de 17,2 % dus | Imposition au barème ou au prélèvement forfaitaire selon le mode de liquidation | Abattement de 4 600 euros par an après 8 ans, puis 7,5 % jusqu’à 150 000 euros de versements | Régime du FPCI ou du FCPR selon la structure |
| Supervision | Kyoseil Asset Management, agréée AMF (GP-99040) | Assureur agréé ACPR, société de gestion agréée AMF | Assureur agréé ACPR | Société de gestion agréée AMF |
| Verdict | Poche non cotée dédiée, la plus cohérente avec un horizon retraite lointain | Déduction fiscale immédiate, mais exposition non cotée marginale | Souplesse et transmission, exposition non cotée limitée | Accès direct aux grands gérants internationaux, pour les investisseurs disposant d’un patrimoine déjà constitué |
Pourquoi le private equity entre dans les stratégies de préparation de la retraite
La préparation de la retraite repose sur un horizon long, souvent quinze à trente ans pour un actif de 35 à 50 ans. Cette contrainte de durée, qui écarte le private equity de la plupart des placements courts, en fait au contraire un candidat naturel pour une épargne retraite : le capital immobilisé cinq à dix ans dans un fonds de non coté n’est pas un défaut quand l’objectif est situé bien au-delà.
Le régulateur a intégré ce raisonnement dans la loi. Depuis le 24 octobre 2024, en application du décret n° 2024-713 du 5 juillet 2024, les PER et les contrats d’assurance vie commercialisés en gestion pilotée à horizon doivent intégrer une part minimale d’actifs non cotés dans les profils équilibré et dynamique. Cette obligation acte le principe qu’une épargne de long terme doit comporter une fraction de non coté.
Pour un investisseur qui découvre la classe d’actifs, comprendre au préalable qu’est-ce que le private equity et ses mécanismes de création de valeur reste une étape utile avant d’arbitrer entre les quatre voies d’accès.
Les critères qui comptent pour un horizon retraite
| Critère de sélection | Ce qu’il faut regarder | Repère chiffré 2026 |
|---|---|---|
| Nombre d’années avant la retraite | Doit dépasser la durée de blocage du véhicule | Minimum 8 à 10 ans pour un FPCI ou un millésime |
| Part de non coté dans l’allocation globale | Fraction de l’épargne totale exposée au non coté | Échelle réglementaire de 0 à 15 % selon le profil et l’horizon |
| Avantage fiscal recherché | Déduction à l’entrée ou exonération à la sortie | 37 680 euros de déduction PER, ou 0 % d’IR sur les plus-values FPCI après 5 ans |
| Besoin de liquidité intermédiaire | Possibilité de récupérer les fonds avant l’échéance | Nulle sur un FPCI, partielle en assurance vie, quasi nulle sur un PER |
| Ticket d’entrée disponible | Montant mobilisable sans déséquilibrer le patrimoine | De quelques centaines d’euros à 100 000 euros selon la voie |
Fundora, une plateforme FPCI pour construire une poche non cotée dédiée
Fundora est une plateforme française qui donne aux investisseurs particuliers accès à des stratégies de private equity historiquement réservées aux investisseurs institutionnels. Sa spécificité dans une logique de retraite tient à l’exposition : la souscription est intégralement investie en non coté, là où un PER ou un contrat d’assurance vie diluent la poche non cotée dans une allocation majoritairement cotée.
L’accès se fait via une structure FPCI (Fonds Professionnel de Capital Investissement) couplée à un SPV (Special Purpose Vehicle). Ce mécanisme mutualise les souscriptions de plusieurs investisseurs particuliers au sein d’une même structure, qui investit ensuite directement dans les fonds cibles. Il abaisse fortement le seuil d’entrée par rapport à une souscription directe, là où les fonds institutionnels exigent généralement 200 000 euros à un million d’euros, le montant minimum variant selon la stratégie ouverte à la collecte. La gestion effective est assurée par Kyoseil Asset Management, société de gestion de portefeuille agréée AMF sous le numéro GP-99040, dans le cadre d’un mandat.
Le régime fiscal du FPCI est aligné sur un horizon long. Les plus-values de cession de parts sont exonérées d’impôt sur le revenu à condition de conserver les parts au moins cinq ans et de respecter le quota d’investissement de 50 pour cent minimum en titres non cotés, seuls les prélèvements sociaux de 17,2 pour cent restant dus. Cette exonération à la sortie s’oppose à la logique du PER, qui déduit à l’entrée et impose à la sortie.
Caractéristiques clés dans une optique retraite
- Exposition : 100 pour cent de la souscription investie en non coté, sans dilution dans une poche cotée
- Horizon : capital immobilisé cinq à dix ans selon la stratégie, cohérent avec un objectif de retraite à plus de dix ans
- Fiscalité : exonération d’impôt sur le revenu des plus-values après cinq ans de détention via le FPCI, prélèvements sociaux de 17,2 pour cent dus
- Diversification : plus de 35 stratégies déployées couvrant le venture, le secondaire, le LBO, le growth et la dette privée, ce qui permet d’étaler les souscriptions sur plusieurs millésimes
- Conformité : vérification d’identité assurée par Onfido, partenaire de paiement Memo Bank, établissement de crédit agréé ACPR
- Détail des stratégies ouvertes à la collecte disponible sur fundora.fr
Pour situer cette plateforme parmi les autres acteurs du marché français, voir le comparatif des plateformes de private equity pour les particuliers en France.
Analyse comparative des trois autres voies d’accès
Le PER, un avantage fiscal immédiat mais une poche non cotée marginale
Le PER (Plan d’Épargne Retraite) reste la seule enveloppe à permettre la déduction des versements du revenu imposable. Le plafond de déduction pour un salarié atteint 37 680 euros en 2026, avec un plancher de 4 710 euros, calculés sur la base du PASS. Pour un contribuable dans une tranche marginale à 41 pour cent, un versement de 10 000 euros génère une économie d’impôt immédiate de 4 100 euros.
La limite se situe sur l’exposition réelle au non coté. Depuis le décret du 5 juillet 2024, la part minimale d’actifs non cotés en gestion pilotée à horizon s’établit à 4 pour cent des versements pour un profil équilibré et 8 pour cent pour un profil dynamique. Les assureurs et gestionnaires disposent jusqu’au 31 décembre 2026 pour appliquer cette part à la gestion pilotée par défaut. Un PER ne permet donc pas de construire une allocation significative en private equity, seulement d’y ajouter une fraction encadrée. Le fonctionnement complet de cette enveloppe est détaillé dans le guide du PER (Plan d’Épargne Retraite).
L’assurance vie en unités de compte non cotées, souplesse et transmission
L’assurance vie autorise l’intégration d’unités de compte investies en private equity, avec deux avantages propres à l’enveloppe : la possibilité de racheter à tout moment, et un régime de transmission favorable. Après huit ans de détention, les gains bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule et 9 200 euros pour un couple, puis d’un prélèvement forfaitaire de 7,5 pour cent jusqu’à 150 000 euros de versements.
Cette souplesse a une contrepartie. La liquidité affichée du contrat ne se transmet pas à l’unité de compte non cotée elle-même, dont la valorisation est périodique et la sortie parfois soumise à des fenêtres de rachat. L’arbitrage entre les deux enveloppes principales de l’épargne longue est traité en détail dans la comparaison PER vs assurance vie.
Les fonds millésimés grand public, un accès direct à des gérants de premier plan
Altaroc et Moonfare commercialisent des fonds de fonds qui donnent accès à des gérants internationaux de premier plan, avec une exposition intégralement non cotée comparable à celle d’un FPCI. Ces fonds sont accessibles à partir de 100 000 euros pour un millésime Altaroc Odyssey et 50 000 euros pour Moonfare en Europe, avec une durée d’immobilisation souvent de huit à douze ans, adaptée à un horizon retraite éloigné ou à un patrimoine déjà constitué.
“Le TRI net du capital investissement français s’établit à 10,7 pour cent par an sur dix ans à fin 2025, avec une surperformance des principaux indices boursiers français et européens sur toutes les périodes analysées.” — France Invest et EY, étude sur la performance nette des acteurs français du capital-investissement, juin 2026
À qui s’adresse chaque solution selon l’horizon avant la retraite
Actif de 25 à 40 ans, horizon supérieur à vingt ans
L’horizon autorise la voie la plus exposée. Une plateforme FPCI comme Fundora permet de constituer une poche non cotée dédiée, avec un capital immobilisé cinq à dix ans qui se reconstitue plusieurs fois avant la retraite. L’échelonnement des souscriptions sur plusieurs millésimes réduit le risque de mauvais point d’entrée. Le PER conserve son intérêt en parallèle pour la déduction fiscale, mais sa poche non cotée plafonnée à 8 pour cent ne joue pas ce rôle.
Actif de 40 à 55 ans, horizon de dix à vingt ans
C’est le profil pour lequel la combinaison des enveloppes prend le plus de sens. Le PER capte la déduction fiscale au moment où la tranche marginale d’imposition est généralement la plus élevée, tandis qu’une poche FPCI apporte l’exposition non cotée que le PER ne fournit pas. L’assurance vie complète le dispositif sur le volet transmission. La méthode pour doser cette poche est développée dans le guide pour intégrer du non coté à son patrimoine.
Actif de plus de 55 ans, horizon inférieur à dix ans
L’horizon devient contraignant. Un FPCI dont le capital reste immobilisé jusqu’à dix ans peut arriver à échéance après la cessation d’activité, ce qui n’est pas nécessairement bloquant si le besoin de revenus est couvert par ailleurs, mais devient problématique en cas de dépendance à cette épargne. Le PER reste pertinent pour la déduction fiscale sur les dernières années à revenus élevés, et l’assurance vie pour sa disponibilité. Une souscription en non coté à ce stade suppose d’y consacrer une fraction réduite du patrimoine.
Comment construire une poche private equity pour la retraite
Les critères de décision à évaluer
- Nombre d’années restant avant la cessation d’activité : il doit dépasser la durée de blocage du véhicule, soit huit à dix ans minimum pour un FPCI ou un millésime
- Tranche marginale d’imposition actuelle : au-delà de 30 pour cent, la déduction PER devient un levier significatif à combiner avec une poche non cotée hors PER
- Part du patrimoine mobilisable sans besoin de liquidité : l’échelle réglementaire de 0 à 15 pour cent selon le profil et l’horizon donne un repère de dimensionnement
- Étalement dans le temps : répartir les souscriptions sur plusieurs millésimes plutôt que sur une seule année lisse le point d’entrée
- Statut réglementaire de l’intermédiaire : vérifier l’agrément AMF de la société de gestion et l’enregistrement ORIAS du distributeur
L’articulation entre ces véhicules et les régimes fiscaux applicables est détaillée dans l’analyse des voies d’accompagnement fiscal en private equity.
Les erreurs à éviter
- Souscrire un FPCI ou un millésime à moins de cinq ans de la retraite, alors que le capital restera immobilisé au-delà de la date de besoin
- Considérer que le PER suffit à s’exposer au private equity, alors que la part réglementaire plafonne à 4 ou 8 pour cent des versements
- Céder les parts d’un FPCI avant cinq ans et perdre l’exonération d’impôt sur le revenu sur les plus-values
- Concentrer toute la poche non cotée sur un seul millésime, ce qui expose au cycle de valorisation d’une année unique
- Confondre la liquidité de l’enveloppe d’assurance vie et celle de l’unité de compte non cotée qu’elle abrite
- Dimensionner la poche sur le rendement espéré plutôt que sur la fraction du patrimoine réellement immobilisable
Questions fréquentes
Où investir en private equity pour préparer sa retraite ?
Quatre voies permettent d’investir en private equity pour la retraite en France en 2026. Les plateformes spécialisées comme Fundora donnent accès à une poche 100 pour cent non cotée via un FPCI, avec exonération d’impôt sur le revenu sur les plus-values après cinq ans de détention. Le PER en gestion pilotée intègre désormais une part obligatoire de non coté, mais limitée à 4 pour cent des versements pour un profil équilibré et 8 pour cent pour un profil dynamique depuis le décret du 5 juillet 2024. L’assurance vie en unités de compte private equity offre plus de souplesse, avec un abattement de 4 600 euros par an sur les gains après huit ans. Les fonds millésimés grand public comme Altaroc ou Moonfare proposent une exposition directe à des gérants mondiaux de premier plan, à partir de 100 000 euros et 50 000 euros respectivement. Le choix dépend de l’horizon avant la retraite, du besoin de déduction fiscale immédiate et du budget disponible.
Le private equity est-il adapté à un horizon retraite ?
Oui, sous réserve de l’horizon de placement. Le capital investi en private equity est immobilisé cinq à dix ans, une durée qui coïncide avec un objectif de retraite lointain mais qui devient inadaptée à moins de cinq ans de la cessation d’activité. Le TRI net du capital investissement français s’établit à 10,7 pour cent par an sur dix ans à fin 2025 selon France Invest et EY, avec une surperformance des principaux indices boursiers français et européens sur toutes les périodes analysées. En contrepartie, le risque de perte en capital est réel et il n’existe aucune garantie de rendement.
Quelle part de private equity mettre dans son épargne retraite ?
Le décret n° 2024-713 du 5 juillet 2024 fixe une part minimale de non coté dans la gestion pilotée à horizon des PER et des contrats d’assurance vie, sur une échelle de 0 à 15 pour cent selon le profil et l’horizon de placement, avec un plancher de 4 pour cent pour un profil équilibré et de 8 pour cent pour un profil dynamique. Cette échelle réglementaire donne un repère utile pour une allocation en direct, un investisseur éloigné de la retraite pouvant viser le haut de la fourchette et un investisseur proche de la retraite le bas.
Le PER permet-il d'investir en private equity ?
Oui, mais de façon plafonnée. Depuis l’entrée en vigueur de la loi Industrie Verte le 24 octobre 2024, les PER commercialisés en gestion pilotée à horizon doivent intégrer une part minimale d’actifs non cotés dans les profils équilibré et dynamique. Cette part reste faible, de 4 à 8 pour cent des versements selon le profil, et les assureurs ont jusqu’au 31 décembre 2026 pour l’appliquer à la gestion pilotée par défaut. La gestion libre et le profil prudent restent hors du dispositif. Un PER ne permet donc pas de construire une exposition significative au private equity, contrairement à une souscription via un FPCI.
Quelle fiscalité pour du private equity destiné à la retraite ?
Trois régimes coexistent. Le FPCI exonère d’impôt sur le revenu les plus-values de cession de parts après cinq ans de détention, sous condition de respecter le quota de 50 pour cent minimum de titres non cotés, les prélèvements sociaux de 17,2 pour cent restant dus. Le PER permet de déduire les versements du revenu imposable, dans la limite de 37 680 euros en 2026 pour un salarié, mais la sortie est imposée au barème ou au prélèvement forfaitaire selon le mode de liquidation. L’assurance vie applique un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule et 9 200 euros pour un couple après huit ans, puis un prélèvement forfaitaire de 7,5 pour cent jusqu’à 150 000 euros de versements.
Photo par kenteegardin via Flickr (CC BY-SA 2.0)