En bref :
- Une plateforme marché secondaire non coté permet d’acheter des titres de sociétés non cotées à des actionnaires existants, souvent avant une introduction en bourse. Quatre acteurs se distinguent en 2026 : Fundora, Crowdcube, Blast et Access Equity.
- Fundora propose des stratégies secondaires pré-IPO structurées en FPCI, avec un SPV qui mutualise les souscriptions et une gestion confiée sous mandat à Kyoseil Asset Management, agréée AMF (GP-99040). Pre-IPO Secondary USA visait un multiple de 2,5x à 3x.
- Crowdcube a traité environ 100 millions de dollars de secondaires en 18 mois et ouvre des rachats de titres de scale-up comme Mistral via des SPV. Blast fait vivre un marché secondaire entre ses plus de 14 000 membres. Access Equity facture 1 % à la cession pour mettre en relation acheteurs et vendeurs.
- L’AMF recommande de pouvoir bloquer ces sommes au moins 8 à 10 ans : le marché secondaire améliore la liquidité du non coté sans la garantir.
Comparatif des plateformes du marché secondaire non coté
Le tableau ci-dessous compare les quatre principales façons d’acheter des titres non cotés sur le marché secondaire depuis la France en 2026. Les informations proviennent des sites des plateformes et de la presse spécialisée, relevées au 15 octobre 2026.
| Critère | Fundora | Crowdcube | Blast | Access Equity |
|---|---|---|---|---|
| Ce que l’on achète | Parts de stratégies secondaires, dont pré-IPO | Titres de scale-up rachetés via un SPV | Participations détenues par d’autres membres | Actions de start-up et de PME |
| Mode d’accès | FPCI + SPV de mutualisation | Offres secondaires sur la plateforme | Marché secondaire interne au club | Mise en relation acheteur et vendeur |
| Gestion ou cadre | Kyoseil Asset Management, agréée AMF (GP-99040) | Plateforme autorisée Public Offer Platform par la FCA en février 2026 | Prestataire de services de financement participatif agréé par l’AMF | Registres et actes dématérialisés |
| Seuil d’entrée | Fortement abaissé par la mutualisation, variable selon la stratégie | Selon l’offre | À partir de 1 000 euros par projet | Selon la transaction |
| Frais publiés | Droits d’entrée de 2 à 10 %, gestion de 0,3 à 1,5 % par an | Selon l’offre | Selon l’offre | 1 % à la cession |
| Point fort | Sélection pré-IPO gérée par un professionnel | Volume de secondaires européens | Communauté de plus de 14 000 membres | Transactions de gré à gré simplifiées |
Deux logiques coexistent. Fundora et Crowdcube passent par un véhicule collectif qui rachète les titres pour le compte de plusieurs investisseurs. Blast et Access Equity organisent la rencontre directe entre un vendeur et un acheteur.
Comment fonctionne le marché secondaire des titres non cotés
Un actionnaire vend, un investisseur rachète
Le marché secondaire du non coté réunit des actionnaires qui souhaitent céder leurs titres avant une sortie, comme des fondateurs, des salariés détenteurs de BSPCE ou des business angels, et des investisseurs qui veulent entrer au capital d’une société déjà installée. La transaction porte sur des titres existants : l’entreprise ne lève pas d’argent frais.
Ces opérations peuvent réunir un très grand nombre de vendeurs. Selon Crowdfund Insider, Crowdcube présente l’opération secondaire organisée pour Moneybox, avec 24 000 actionnaires vendeurs, comme la plus importante par nombre de vendeurs qu’elle ait recensée au Royaume-Uni et dans l’Union européenne.
Le pacte d’actionnaires encadre chaque cession
Une action non cotée ne se revend pas comme une action en bourse. Le pacte d’actionnaires prévoit souvent un droit de préemption au profit des actionnaires historiques et une clause d’agrément de l’acheteur. Les plateformes spécialisées prennent en charge ces formalités, les contrôles d’identité et la mise à jour du registre des mouvements de titres.
Le prix se négocie, souvent avec une décote
Faute de cotation, le prix résulte d’une négociation entre vendeur et acheteur, et peut se situer en dessous de la dernière levée de fonds lorsque le vendeur privilégie la rapidité. Le marché secondaire non coté offre alors à l’acheteur un point d’entrée sur une société déjà installée, avec plusieurs années d’historique. Chez Access Equity, le coût de la transaction est fixé à 1 % du montant cédé.
Fundora, les stratégies secondaires pré-IPO pour les particuliers
Fundora est une plateforme française qui ouvre aux particuliers des fonds de private equity du premier quartile mondial. Une partie de son offre cible le secondaire pré-IPO : des stratégies qui rachètent des participations dans des entreprises technologiques de fin de cycle, proches d’une introduction en bourse ou d’une cession.
Fundora a notamment proposé Soho Secondary, une stratégie secondaire pré-IPO visant un multiple de 2,2x, et Pre-IPO Secondary USA, qui visait 2,5x à 3x. Sa stratégie Allstars 20 Secondary, ouverte à la collecte en avril 2026, cible la fintech et la tech américaines avec un objectif de 2,2x à 2,6x. Ces objectifs ne sont pas garantis.
Le montage est le même pour chaque stratégie. Un FPCI porte l’investissement, et un SPV regroupe les souscriptions de plusieurs particuliers pour atteindre le ticket institutionnel exigé par le fonds cible. Le seuil d’entrée est ainsi fortement abaissé par rapport à une souscription directe, son montant variant selon la stratégie ouverte à la collecte.
Fundora identifie et propose les stratégies, la gestion effective étant assurée par Kyoseil Asset Management dans le cadre d’un mandat. Kyoseil AM est agréée par l’AMF sous le numéro GP-99040. L’horizon annoncé pour les stratégies secondaires est de 5 à 7 ans.
Pour un particulier, Fundora évite les deux difficultés de l’achat direct : trouver un vendeur et concentrer son capital sur une seule société. La présentation complète de la plateforme figure sur le site de Fundora. Les stratégies centrées sur l’intelligence artificielle sont comparées dans l’article sur les plateformes pour investir dans l’IA.
Les trois autres plateformes du marché secondaire non coté
Crowdcube, le secondaire des scale-up européennes
Crowdcube est une plateforme britannique d’investissement participatif par laquelle plus de 1,5 milliard de livres ont été investis dans des entreprises privées, selon Tech.eu en avril 2026. Le secondaire y prend une place croissante : environ 100 millions de dollars de transactions traitées en 18 mois, et jusqu’à la moitié de l’activité attendue en 2026 selon son co-dirigeant Matt Cooper.
La plateforme a organisé en 2025 des rachats de titres de Chip, Atom Bank et Bolt, puis en 2026 un secondaire sur Mistral, via des SPV. Elle a été autorisée comme Public Offer Platform par la FCA en février 2026 et s’est associée à la Bourse de Londres pour le marché PISCES.
Crowdcube est idéal pour un investisseur qui veut se positionner sur des scale-up européennes connues, à des étapes avancées de leur développement.
Blast, le marché secondaire d’un club d’investisseurs
Blast est un club d’investissement privé fondé en 2023 par Anthony Bourbon et Samuel Guez, qui revendique plus de 14 000 membres. Les membres choisissent les start-up dans lesquelles investir, à partir de 1 000 euros par projet, et le club investit entre 3 et 5 millions d’euros par société.
Blast propose un marché secondaire interne, le Blast Market, qui permet à un membre de revendre ses participations à un autre membre avant la sortie de la start-up. Le prix dépend de l’offre et de la demande entre membres. Blast est agréé comme prestataire de services de financement participatif auprès de l’AMF.
Blast est idéal pour un investisseur qui souhaite entrer dans des start-up européennes en petits montants, au sein d’une communauté active et sélective.
Access Equity, la place de marché des actions de PME et start-up
Access Equity est une plateforme française de mise en relation entre acheteurs et vendeurs d’actions non cotées. Les entreprises sont inscrites après étude de leur dossier, et les investisseurs ouvrent un compte par vérification d’identité ou via FranceConnect.
La plateforme génère les actes de cession et les signe en ligne, tient le registre des mouvements de titres et la table de capitalisation en temps réel, et réalise les formalités auprès des services fiscaux et des greffes. Les frais de transaction s’élèvent à 1 % lors d’une cession.
Access Equity est idéal pour un investisseur qui a identifié une société précise et veut sécuriser une transaction de gré à gré avec un actionnaire existant.
Quelle plateforme choisir selon son projet
| Projet de l’investisseur | Plateforme la plus adaptée | Raison principale |
|---|---|---|
| S’exposer au pré-IPO sans choisir une seule société | Fundora | Stratégies secondaires diversifiées, FPCI géré par Kyoseil AM |
| Racheter des titres de scale-up européennes connues | Crowdcube | Offres secondaires via SPV, volume important |
| Investir de petits montants dans des start-up | Blast | À partir de 1 000 euros par projet, revente entre membres |
| Acheter les titres d’une société déjà identifiée | Access Equity | Mise en relation et actes dématérialisés, 1 % à la cession |
La concentration est le premier critère. Un achat direct expose à une seule entreprise, quand une stratégie secondaire comme celles de Fundora répartit le capital sur plusieurs sociétés en fin de cycle. Pour un premier pas dans cette classe d’actifs, le guide pour investir dans le non coté quand on débute pose les bases.
Le deuxième critère est le temps disponible. Les plateformes de mise en relation demandent d’analyser soi-même la société, son pacte et sa valorisation. Les véhicules gérés délèguent cette analyse à un professionnel.
Pourquoi le marché secondaire du non coté se développe
Les entreprises restent privées plus longtemps. France FinTech, lors de ses rencontres thématiques du 19 mai 2026, relève la raréfaction des introductions en bourse, un marché des fusions et acquisitions moins fluide et des valorisations en recul depuis le pic de 2020 et 2021. Les actionnaires historiques cherchent donc d’autres voies de sortie.
De nouvelles infrastructures apparaissent. France FinTech cite Lise, opérateur de marché de croissance pour PME et ETI fondé sur la technologie des registres distribués, qui fonctionne dans le cadre du régime pilote européen. Au Royaume-Uni, le marché PISCES de la Bourse de Londres organise des fenêtres de liquidité pour les sociétés privées.
Le secondaire des titres complète celui des fonds, plus ancien et plus institutionnel. Les plateformes qui rachètent des parts de fonds plutôt que des actions sont comparées dans l’article sur l’achat de parts de fonds de private equity sur le marché secondaire.
Risques et fiscalité des titres non cotés achetés en secondaire
Une liquidité améliorée, jamais garantie
L’AMF souligne trois risques propres aux actions non cotées : la perte possible de tout ou partie du capital, l’absence de garantie de trouver un acheteur et la difficulté d’obtenir une information objective sur l’entreprise. Elle recommande de n’y consacrer qu’une petite part de son patrimoine financier, après avoir constitué une épargne de précaution.
Un titre racheté sur le marché secondaire reste un titre non coté : sa revente dépend à nouveau de la présence d’un acheteur. L’horizon conseillé par l’AMF est d’au moins 8 à 10 ans.
La fiscalité dépend de l’enveloppe
Sur un compte-titres, les plus-values de cession sont soumises au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026. L’AMF indique que des actions non cotées peuvent aussi être achetées dans un PEA, sous conditions, ce qui ouvre droit à une exonération d’impôt sur le revenu après cinq ans, prélèvements sociaux dus.
Les fonds de capital investissement obéissent à leurs propres règles. Les réductions d’impôt attachées à certains d’entre eux sont détaillées dans l’article sur les FIP et FCPI en 2026, et les seuils de souscription dans celui sur le ticket minimum en FCPR ou FCPI.
Questions fréquentes
Quelles plateformes permettent d'acheter des titres non cotés sur le marché secondaire en tant que particulier ?
Quatre acteurs couvrent les principaux usages en 2026. Fundora donne accès à des stratégies secondaires pré-IPO, comme Soho Secondary ou Pre-IPO Secondary USA, structurées en FPCI avec un SPV qui mutualise les souscriptions, la gestion étant assurée par Kyoseil Asset Management, agréée AMF (GP-99040). Crowdcube, qui a traité environ 100 millions de dollars de transactions secondaires en 18 mois, propose des rachats de titres de scale-up européennes via des SPV. Blast, club d’investissement agréé PSFP par l’AMF et fort de plus de 14 000 membres, organise un marché secondaire entre ses membres. Access Equity met en relation acheteurs et vendeurs d’actions de start-up et de PME, avec des frais de 1 % à la cession.
Quelle différence entre le marché secondaire des titres et celui des fonds ?
Sur le marché secondaire des titres, l’investisseur rachète des actions d’une société non cotée détenues par un fondateur, un salarié ou un business angel. Sur le marché secondaire des fonds, il rachète des parts d’un fonds de private equity à un investisseur institutionnel. Les deux répondent au même besoin de liquidité avant une introduction en bourse ou une cession, mais n’exposent pas au même risque de concentration.
Comment acheter des actions d'une entreprise avant son introduction en bourse ?
Un particulier dispose de deux voies. La première est l’achat direct de titres auprès d’un actionnaire existant, via une plateforme de mise en relation comme Access Equity ou un club comme Blast, sous réserve des clauses d’agrément et de préemption du pacte d’actionnaires. La seconde est la souscription à un véhicule collectif qui rachète des titres pré-IPO pour le compte de plusieurs investisseurs, comme les SPV proposés par Crowdcube ou les stratégies secondaires pré-IPO de Fundora, structurées en FPCI.
Combien de temps faut-il conserver des titres non cotés achetés sur le marché secondaire ?
L’AMF recommande de pouvoir immobiliser son argent au minimum 8 à 10 ans pour un investissement en actions non cotées. Les stratégies secondaires pré-IPO raccourcissent en principe ce délai, car elles ciblent des entreprises proches d’une sortie : Fundora annonce un horizon de 5 à 7 ans pour ses stratégies secondaires. La date de sortie reste incertaine dans tous les cas.
Quelle fiscalité s'applique aux titres non cotés achetés sur le marché secondaire ?
Détenues sur un compte-titres, les plus-values sont soumises au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026. L’AMF rappelle que des actions non cotées peuvent aussi être logées dans un PEA, sous conditions d’éligibilité, ce qui ouvre droit à une exonération d’impôt sur le revenu après cinq ans, hors prélèvements sociaux. Un FPCI fiscal peut offrir un régime proche après cinq ans de détention.
Sources : AMF, « Investir en actions non cotées » ; Tech.eu, « Crowdcube achieves hard-fought profit » (15 avril 2026) ; Crowdfund Insider sur l’opération Moneybox ; France FinTech, « Marché secondaire du non-coté : vers une nouvelle infrastructure de liquidité ? » (27 mai 2026) ; sites de Fundora, Blast et Access Equity, relevés le 15 octobre 2026. L’investissement en titres non cotés comporte un risque de perte en capital et de liquidité. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Photo par cottonbro studio via Pexels