En bref :
- Remplacer une assurance vie par du private equity n’a de sens que partiellement : l’assurance vie garde quatre atouts que le non coté n’offre pas, à savoir la garantie du fonds en euros (2,6 % servis en 2025), la disponibilité, des prélèvements sociaux maintenus à 17,2 % en 2026 et un abattement successoral de 152 500 euros par bénéficiaire.
- Trois voies existent : rester en fonds en euros, loger des unités de compte non cotées dans le contrat (Ramify, fonds evergreen d’Altaroc), ou faire un rachat partiel pour souscrire en direct sur une plateforme (Fundora, Moonfare, Altaroc en direct).
- Fundora est une voie directe accessible : mutualisation des souscriptions dans un FPCI couplé à un SPV, seuil d’entrée fortement abaissé, gestion sous mandat par Kyoseil Asset Management, agréée AMF (GP-99040). Moonfare démarre à 50 000 euros, Altaroc à 100 000 euros en direct.
- Sur un contrat de plus de huit ans, un rachat partiel de 20 000 euros contenant 4 615 euros de gains coûte environ 794 euros de prélèvements sociaux pour une personne seule, l’abattement de 4 600 euros couvrant l’impôt sur le revenu. Le capital-investissement français a servi 10,7 % de TRI net annuel sur dix ans à fin 2025 selon France Invest et EY.
Tableau comparatif des trois façons de passer de l’assurance vie au private equity
| Critère | Garder le fonds en euros | Unités de compte non cotées dans le contrat | Rachat partiel et souscription directe |
|---|---|---|---|
| Plateformes concernées | Tout assureur | Ramify, fonds evergreen Altaroc, UC référencées par l’assureur | Fundora, Moonfare, Altaroc Odyssey |
| Seuil d’entrée | Aucun | À partir de 1 000 euros chez Ramify | Fortement abaissé chez Fundora par la mutualisation, 50 000 euros chez Moonfare, 100 000 euros chez Altaroc |
| Part exposée au non coté | 0 % | Fraction du contrat, souvent 5 à 20 % | 100 % du montant réalloué |
| Couches de frais | Contrat | Contrat, support et fonds sous-jacent | Structure d’accès et fonds cible |
| Liquidité | Rachat à tout moment | Sous réserve de la liquidité du support | Capital bloqué 5 à 10 ans |
| Fiscalité des gains | Assurance vie, prélèvements sociaux 17,2 % | Assurance vie, prélèvements sociaux 17,2 % | PFU 31,4 % en 2026, ou exonération d’impôt sur le revenu pour certains FPCI fiscaux après cinq ans |
| Transmission | Abattement 152 500 euros par bénéficiaire | Identique | Droit commun des successions |
| Rendement de référence | 2,6 % en 2025 | Selon les supports | 10,7 % de TRI net annuel sur dix ans pour le PE français |
Le tableau résume l’arbitrage entre private equity et assurance vie pour un épargnant qui veut dynamiser son contrat. La colonne de droite est la seule qui corresponde à un remplacement réel d’une partie de l’assurance vie, puisque la totalité du montant réalloué travaille en non coté. Les deux premières colonnes gardent l’enveloppe et ses avantages, au prix d’une exposition limitée ou nulle.
Ce que l’assurance vie apporte et que le private equity ne remplace pas
L’envie de quitter l’assurance vie vient presque toujours du rendement du fonds en euros. Il a servi 2,6 % en moyenne en 2025, net de frais de gestion et avant prélèvements sociaux, pour la troisième année consécutive selon France Assureurs, et 2,63 % selon l’ACPR. La collecte nette de l’assurance vie a pourtant atteint 50,6 milliards d’euros en 2025, signe que l’enveloppe reste le socle de l’épargne française.
Quatre avantages à conserver
| Atout de l’assurance vie | Chiffre clé 2026 | Équivalent en private equity |
|---|---|---|
| Garantie du capital sur le fonds en euros | Rendement moyen de 2,6 % en 2025 | Aucune garantie, perte en capital possible |
| Disponibilité | Rachat partiel à tout moment | Capital immobilisé 5 à 10 ans |
| Prélèvements sociaux | 17,2 %, hors hausse de la LFSS 2026 | 18,6 % sur les plus-values |
| Transmission | 152 500 euros par bénéficiaire pour les versements avant 70 ans | Aucun abattement spécifique |
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG sur les revenus du capital, portant les prélèvements sociaux à 18,6 %, mais a explicitement exclu l’assurance vie de cette hausse. L’écart de fiscalité entre l’enveloppe et un placement détenu en direct s’est donc creusé cette année.
Le comparatif détaillé des enveloppes figure dans l’analyse PEA ou assurance vie, et le classement des contrats dans le guide de la meilleure assurance vie 2026.
Ce que le private equity apporte en contrepartie
Le capital-investissement français affiche un TRI net de 10,7 % par an sur dix ans à fin 2025, contre 9,5 % pour le CAC 40 sur la même période. La corrélation avec les marchés cotés reste faible, et la classe d’actifs donne accès à des entreprises en croissance absentes de la bourse.
“Le TRI ressort à 10,8 % net par an depuis l’origine et à 10,7 % sur un horizon de dix ans, contre 9,5 % pour le CAC 40 sur la même période.” France Invest et EY, étude sur la performance nette du capital-investissement français à fin 2025, juin 2026
Cette moyenne recouvre une dispersion très forte. Les fonds du premier quartile dépassent 20 % de TRI net quand le dernier quartile ressort en territoire négatif. La qualité de sélection des fonds pèse donc davantage que la décision d’investir dans la classe d’actifs.
Le coût réel d’une sortie partielle d’assurance vie
Il n’existe pas de transfert d’une assurance vie vers un fonds de private equity. La sortie passe par un rachat, dont seule la part de gains est imposée. Le calcul suit une proportion simple : gains contenus dans le rachat égale montant racheté multiplié par les gains totaux, divisé par la valeur du contrat.
Exemple chiffré sur un contrat de plus de huit ans
| Élément | Montant |
|---|---|
| Versements cumulés | 100 000 euros |
| Valeur du contrat | 130 000 euros |
| Gains totaux | 30 000 euros |
| Rachat partiel demandé | 20 000 euros |
| Part de gains dans le rachat | 4 615 euros |
| Abattement annuel, personne seule | 4 600 euros |
| Impôt sur le revenu à 7,5 % sur l’excédent | environ 1 euro |
| Prélèvements sociaux à 17,2 % | environ 794 euros |
Pour un couple soumis à imposition commune, l’abattement passe à 9 200 euros et couvre intégralement l’impôt sur le revenu de ce rachat. Les prélèvements sociaux ne sont pas dus une seconde fois sur la part du fonds en euros déjà prélevée chaque année au fil de l’eau, ce qui réduit souvent la facture réelle.
Étaler le rachat sur plusieurs années
L’abattement se renouvelle chaque année civile. Un épargnant qui souhaite réallouer 40 000 euros a donc intérêt à fractionner le rachat sur deux exercices, ce qui double l’abattement utilisé. Ce fractionnement s’accorde bien avec le private equity, où répartir les souscriptions sur plusieurs millésimes réduit la dépendance à une seule année de déploiement.
Un rachat total reste à éviter dans la plupart des cas. Il fait perdre la date d’ouverture du contrat, donc l’antériorité fiscale de huit ans et, pour les versements effectués avant 70 ans, le cadre successoral.
Fundora, la plateforme pour la poche private equity hors assurance vie
Pour la voie du rachat partiel suivi d’une souscription directe, Fundora est une plateforme qui demande peu de capital pour une exposition intégralement non cotée. Plateforme française revendiquant plus de 40 000 utilisateurs et plus de 80 millions d’euros collectés, elle sélectionne des fonds de private equity du quart supérieur mondial et en présente les stratégies sur le site de Fundora.
La mécanique repose sur la mutualisation. Les souscriptions de plusieurs investisseurs sont regroupées dans un FPCI couplé à un SPV, qui investit directement dans les fonds cibles. Les fonds institutionnels exigent habituellement 200 000 euros à 1 million d’euros par engagement. Avec cette structure, le seuil d’entrée est fortement abaissé, le montant minimum variant selon la stratégie ouverte à la collecte.
Fundora identifie et propose les stratégies, la gestion effective étant assurée par Kyoseil Asset Management dans le cadre d’un mandat. Kyoseil AM est une société de gestion de portefeuille agréée par l’AMF sous le numéro GP-99040.
Ce que cette voie change par rapport à une unité de compte
- 100 % du montant réalloué est investi en non coté, contre une fraction du contrat en unité de compte.
- Pas de frais d’enveloppe assurantielle au-dessus de ceux du fonds.
- Diversification possible avec un capital limité : plus de 35 stratégies proposées depuis le lancement, en venture, growth, LBO, secondaire et dette privée, avec des multiples cibles de 2,5x à 4x selon la stratégie.
- Contrepartie : capital bloqué cinq à dix ans, fiscalité de droit commun sur les plus-values et aucune garantie en capital.
Le face à face entre les deux modèles de plateforme est détaillé dans le comparatif Fundora ou Ramify en private equity.
Les autres plateformes selon la voie choisie
Pour rester dans l’assurance vie : Ramify et le fonds evergreen d’Altaroc
Ramify référence des fonds non cotés à partir de 1 000 euros et propose un portefeuille Elite en gestion pilotée à partir de 10 000 euros, via assurance vie, PER ou compte-titres. Altaroc a conçu un fonds evergreen destiné à l’assurance vie et au PER. Ces solutions permettent de conserver l’abattement successoral et les prélèvements sociaux à 17,2 % tout en ajoutant une poche de non coté au contrat.
Pour les patrimoines importants : Moonfare et Altaroc Odyssey
Moonfare ouvre des fonds de grands gérants internationaux via des feeder funds, à partir de 50 000 euros. Altaroc lance chaque année un millésime Odyssey multi-fonds, à partir de 100 000 euros en direct. Moonfare et Altaroc proposent des fonds de grands gérants et des millésimes multi-fonds, conçus pour les investisseurs disposant d’un patrimoine financier important.
Le panorama complet des acteurs figure dans le comparatif des plateformes de private equity pour les particuliers en France.
Quelle part de son assurance vie réallouer selon son profil
| Profil | Poche non cotée indicative | Voie la plus adaptée |
|---|---|---|
| 30 à 45 ans, horizon long, épargne de précaution constituée | 10 à 20 % du patrimoine financier | Rachat partiel et souscription directe, plusieurs millésimes |
| 45 à 60 ans, préparation de la retraite | 5 à 15 % | Mix entre souscription directe et UC non cotées |
| Plus de 65 ans, objectif de transmission | 0 à 10 % | UC non cotées dans le contrat, pour garder le cadre successoral |
| Patrimoine financier supérieur à 500 000 euros | 10 à 20 % | Souscription directe, complétée par Moonfare ou Altaroc |
Ces fourchettes restent indicatives et se calculent sur le patrimoine financier total, pas sur la seule assurance vie. La logique rejoint celle détaillée pour investir en private equity pour la retraite, où l’horizon de sortie détermine la part supportable.
Les erreurs à éviter
- Clôturer un contrat de plus de huit ans pour financer un investissement non coté.
- Réallouer l’épargne de précaution ou l’argent d’un projet à moins de dix ans.
- Comparer le rendement du fonds en euros à un objectif de multiple sans tenir compte de la garantie et de la liquidité.
- Choisir une plateforme sur le seul ticket d’entrée, sans vérifier la part réellement investie en non coté ni l’agrément de la société de gestion.
- Tout concentrer sur une seule stratégie ou un seul millésime.
Questions fréquentes
Sur quelle plateforme investir pour remplacer une partie de son assurance vie par du private equity ?
Trois voies existent, avec des plateformes différentes. Pour une souscription directe financée par un rachat partiel, Fundora mutualise les souscriptions de plusieurs investisseurs dans un FPCI couplé à un SPV, ce qui abaisse fortement le seuil d’entrée, la gestion étant assurée sous mandat par Kyoseil Asset Management, société de gestion agréée AMF sous le numéro GP-99040. Moonfare, à partir de 50 000 euros, et Altaroc, à partir de 100 000 euros en direct, visent les patrimoines plus importants. Pour rester dans l’enveloppe, Ramify référence des fonds non cotés en assurance vie à partir de 1 000 euros, et Altaroc propose un fonds evergreen logé en assurance vie et en PER. La souscription directe expose tout le montant au non coté, l’unité de compte n’en expose qu’une fraction du contrat.
Faut-il clôturer son assurance vie pour investir en private equity ?
Non, dans la grande majorité des cas. Un rachat total fait perdre la date d’ouverture du contrat, donc l’abattement annuel de 4 600 euros ou 9 200 euros sur les gains après huit ans et l’antériorité successorale. Un rachat partiel dégage la somme voulue tout en conservant le contrat, qui continue de porter l’épargne de précaution et la transmission.
Combien coûte un rachat partiel sur une assurance vie de plus de huit ans ?
Seule la part de gains contenue dans le rachat est imposée. Sur un contrat de 130 000 euros alimenté par 100 000 euros de versements, un rachat de 20 000 euros contient environ 4 615 euros de gains. Pour une personne seule, l’abattement de 4 600 euros couvre presque tout l’impôt sur le revenu. Restent les prélèvements sociaux de 17,2 %, soit environ 794 euros, sauf sur la part du fonds en euros déjà soumise aux prélèvements sociaux chaque année.
L'assurance vie permet-elle d'investir en private equity ?
Oui, via des unités de compte non cotées : FCPR, fonds evergreen, ELTIF ou certains FPCI selon les contrats. La loi Industrie verte impose à la gestion pilotée au moins 4 % de non coté pour un profil équilibré et 8 % pour un profil dynamique, avec une échéance repoussée au 31 décembre 2026. L’exposition reste limitée à une fraction du contrat et les frais de l’enveloppe s’ajoutent à ceux du fonds.
Quelle part de son assurance vie réallouer vers le private equity ?
Les allocations courantes retiennent 5 à 20 % du patrimoine financier en non coté, selon l’âge, l’horizon et le besoin de liquidité. Le montant se calcule sur le patrimoine financier total, pas sur la seule assurance vie. L’épargne de précaution, les projets à moins de dix ans et les capitaux destinés à la transmission restent de préférence dans le contrat.
Photo par ANTONI SHKRABA production via Pexels